Comment la traverser cette période inédite de confinement

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  • Le 25/03/2020
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Dans le contexte actuel qui pourrait dire qu’il n’éprouve pas une certaine forme d’anxiété. Qu’il s’agisse de difficultés d’endormissement ou de réveil nocturne, de ce besoin irrépressible de rester connecté aux chaînes d’informations continues, ou encore de cette crainte irraisonnée à l’idée de manquer. Qui ne s’est pas retrouver à vouloir stocker des kilos de pâtes ou des kilomètres de papier toilette ? Nous sommes tous en proie à des comportements irraisonnés, comment l’expliquer ?

La peur un mécanisme adaptatif

Nos comportements sont issus de mécanismes archaïques basés sur la peur. C’est ce qui depuis la nuit des temps a permis à l’espèce humaine de survivre. La peur est une émotion inconfortable, mais positive puisque qu’elle nous permet d’adapter nos comportements pour faire face à une menace et réagir. La peur d’attraper le virus nous pousse à être prudent, à appliquer les mesures barrière, à limiter nos contacts en restant à la maison pour protéger notre santé et celle de nos proches. Là où les choses commencent à  se compliquer c’est lorsque la peur se transforme en panique et nous entraîne vers des  comportements moins adaptés.

Extrait de la BD « Emotions : enquête et mode d’emploi » de Art-mella publié aux éditions Pour Penser  

Accueillir les emotions pour penser

Blog de l'auteur https://conscience-quantique.com/fr/ 

Editions Pour Penser https://www.pourpenser.fr/bd-ou-presque/

 

 

 

Accueillir ses émotions et mettre en perspective ses pensées

Il existe une certaine forme d’incertitude autour du Covid -19 qui génère pour chacun d’entre nous un certain degré d’anxiété : « Combien de temps vont durer les mesures de confinement ? », « Quand est-ce que mes enfants pourront retourner à l’école ? », « Comment cela va-t-il se passer au travail quand le confinement sera levé ? »…  Toutes ces interrogations sont légitimes, elles témoignent d’une certaine inquiétude qui dans une certaine mesure  est tout à fait normale. Il est important de reconnaitre et accueillir les émotions que cela génère. En revanche il est nécessaire de rester attentif à la place que cela pourrait prendre. Ruminer sur un futur hypothétique, les soucis à venir ou les tracas auxquelles on devra éventuellement faire face transforment parfois notre inquiétude légitime en angoisse déraisonnée. L’idée n’est pas de chasser nos troubles mais de leur accorder la place qu’il convient, ni plus ni moins.

Reapprendre a manger en pleine conscience livre de jan chozen bays

Assis dans le canapé vous pouvez sentir l’envie monter « j’ai faim… » Comment savoir s’il s’agit de la faim physiologique ou d’un autre type de faim. Dans son livre Manger en pleine conscience Jan Chozen Bays, pédiatre et enseignante zen, distingue neuf types de faims qui interfèrent  et entrent en compétition. Dans le contexte actuel la faim de l’estomac peut être confondue avec la faim des yeux ou la faim du cœur, voici quelques astuces qui peuvent nous aider à en prendre conscience.

Qui a faim en moi ? Rester atttentif...

La situation que nous traversons aujourd’hui est propice au dérapage nutritionnel. Cela n’aura échappé à personne : baisse de nos dépenses énergétiques liée à l’arrêt de l’activité professionnelle ou de la pratique sportive, l’ennui, l’anxiété, la disponibilité des aliments tous les facteurs de risques semblent réunis pour rompre l’équilibre de notre balance énergétique et nous faire prendre du poids. Pourtant en étant pleinenemt présent à ce que nous faisons et en restant attentif aux raisons qui nous poussent à manger  cela n’est pas une fatalité.

Reconnaitre la faim physiologique

La faim de l’estomac constitue, avec la faim des cellules, la faim dite physiologique. Elle se caractérise par une sensation de vide et de tiraillement avec gargouillement au niveau de l’estomac ; elle peut être confondue avec les sensations d’agitation dans le ventre générées par le stress et l’anxiété. Pour différencier les deux types de sensations avant de manger nous pouvons ralentir, faire une pause et porter notre attention à la sensation de remplissage de l’estomac : « est-il vide ou plein ? » Si l’estomac est plein on pourra choisir de différer la prise alimentaire.  Autre indice, la faim physiologique peut être comblée par toutes sortes d’aliments à la différence de la faim émotionnelle qui le plus souvent nous pousse vers nos aliments favoris. La faim physiologique peut encore être confondue avec la soif ou la fatigue, restons attentif lorsque nous pensons avoir faim.

Loin des yeux...

La faim des yeux est celle qui émerge lorsqu’on feuillette un magazine de recettes illustrées, lorsqu’on passe devant la vitrine d’une pâtisserie, ou en voyant le bocal de m&m’s placées sur la table basse du salon. Voir un plat alléchant ouvre l’appétit, même après un gros repas la vue d’un beau dessert peut enclencher la faim.

Brian Wansink, psychologue américain,  dans son livre Conditionnés pour trop manger a pu démontrer que lorsque des bonbons  étaient laissés à la vue de tous et à portée de main, la consommation augmentait de 70%. Rendre les produits les plus tentant moins accessibles, en les rangeant dans nos placards par exemple, permet de nous laisser le temps de la réflexion : « J’ai envie de ce biscuit au chocolat, ai-je vraiment faim, qui a faim en moi ? » A l’inverse, si vous ou vos enfants n’avez pas l’habitude de consommer des fruits n’hésitez pas à laisser une corbeille en libre-service sur la table du salon ou de la cuisine.

Nourrir la faim du coeur

La faim du cœur exprime un besoin de réconfort, la nécessité de combler un vide intérieur ou chasser des émotions négatives (l’ennui, l’anxiété, la tristesse…) Facilement reconnaissable elle fait intervenir notre aliment doudou. Témoin de notre histoire personnelle il peut s’agir du chocolat, du pain, des chips, du fromage, de bonbons… Savoir reconnaitre la faim du cœur permet de pouvoir faire le choix de céder ou non à cette envie, de s’autoriser à  manger  avec plaisir et sans culpabilité, d’observer quand l’aliment en question a fini de nous réconforter et de s’arrêter sans frustration… Car s’il est vrai que cet aliment refuge possède le pouvoir de calmer, d’anesthésier, ce n’est vrai que pour un temps, seules les activités qui nourrissent le cœur pourront combler le vide intérieur… Profitons de cette période particulière pour prendre des nouvelles de nos proches, appelons un ami, jouons avec nos  enfants  ou notre animal de compagnie, nous pouvons jardiner, écouter de la musique, lire un livre (voir les suggestions ci-dessus ;-))… Comme dit le proverbe américain : « when life gives you lemons, make lemonade », même avec un citron amer il est possible de faire de la citronnade... Pensons aux soignants, et toutes ces professions engagées au quotidien qui aimeraient sans nul doute avoir cette opportunité. Prenons le temps de respirer et n’oublions pas de porter notre attention sur ce qui va bien.

Isolés pas seuls

Plus que jamais le confinement nous rappelle combien nous sommes interconnectés et faisons partie d’un même tout. Lorsque nous nous protégeons et prenons soin de nous nous prenons soin des autres. De la même manière lorsque nous nous mettons à table prenons une minute avant de manger pour regarder profondément notre nourriture et réfléchissons : « combien de personnes ont contribué à ce que cette nourriture parvienne jusqu’à moi ici et maintenant ? ». Prenons conscience de toutes ces personnes qui continuent à travailler pour nous permettre de remplir nos frigos et préparer les repas : la caissière du supermarché, le livreur du drive, le magasinier qui remplit les rayonnages, les routiers qui livrent les magasins…Pensons aux boulangers, aux meuniers, aux agriculteurs…Rester présent et attentif au moment des repas est une façon d’honorer le travail de toutes ces personnes et d’exprimer notre gratitude.  

Alors merci, merci à vous qui de manière ou d’une autre, contribuez à la santé et au bien-être de tous. Prenons soin de nous, prenons soin des autres et restons solidaires.

Cécilia Boullé, Diététicienne-Nutritionniste

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